Wood en Stock - Madagascar

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Une décennie déjà

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Prémices du progrés, le Plastique !12 ans que je suis dans cette vallée.

Le bilan me semble globalement positif.
2 établissements hôteliers + 2 en cours d’ouverture, une piste praticable alors que nous étions rentrés à pied la première fois, 3 écoles, un dispensaire, le doublement des surfaces cultivées, un tassement des attaques de dahalo, aucune mendicité, pas de délinquance particulière, pas de dérives sexuelles et une couverture forestière en légère progression autour du Camp Catta et de Tsarasoa.

Vers une diminution des feux de brousseEn fait le seul point négatif et je m’en sens partiellement responsable, c’est la montée de l’alcoolisme dans les villages. Certains habitants ont même recyclés les potagers que nous avions initié pour en faire des champs de canne à sucre et on trouve des vendeurs de taoka dans tous les villages. Il y a dix ans, il fallait envoyer un porteur à plusieurs heures de marche pour essayer de glaner quelques litres de rhum artisanal ; c’en est fini.
Avec l’amélioration des conditions de vie et l’augmentation des revenus familiaux tirés du développement touristique, les hommes se sont mis à boire beaucoup plus assidûment.
Je n’ai pas anticipé cet effet pervers de nos actions et je m’en veux beaucoup de ne pas avoir su mettre en place les gardes fous indispensables.

J’aurais du le voir venir et proposer des options viables à la jeunesse pour s’occuper le corps et l’esprit en dehors des travaux des champs. C’est avec ce constat désolant que j’ai commencé à concevoir une version très locale de nos défuntes MJC.
J’espère bien avoir le temps de développer le concept et je suis sur de trouver les fonds nécessaires à cette entreprise.
Le festival est une sorte de mise en bouche de ce que nous pourrions proposer aux habitants de la vallée pour leur permettre de se développer harmonieusement sur le plan physique et intellectuel.
J’aurais l’occasion de développer ce concept de maison des jeunes qui entre dans le cadre de mon projet global pour la Sohanambo quelque part sur ce site, quand j’aurais un peu de temps pour respirer.

Sinon l’année fut correcte avec prés de 15.000 plants repiqués, dont prés de 30% directement par les propriétaires. La tendance pressentie l’année dernière s’est confirmé et je me retrouve même avec plus de demandes que de plants à fournir ; j’en rage, mais ça me file un moral d’enfer. Mes rêves d’une Sohanambo entièrement bordés de montagnes boisées prennent forme et je sens une remarquable opportunité de marquer les paysages de manière nettement plus conséquentes.

Pour un avenir encore plus Naturel, …Je pense avoir fait la preuve que les feux de brousse n’étaient pas une fatalité et que l’on pouvait toujours inverser une tendance.
Il m’a suffi de rester à l’écoute des locaux, de prendre le temps de parler de ces problèmes de déforestation, de montrer l’exemple, de les encourager un peu et voilà qu’ils se décident à reboiser eux-mêmes leurs terres familiales.
J’en suis déjà à reboiser à plus d’un kilomètre de Tsarasoa sur les sentiers de la montagne et chaque saison je remets des arbres le long des pistes, jusqu’au fond de la vallée.

J’ai aussi reçu mes premiers vahiny en séjour reboisement et je les ai emmenés reboiser le périmètre de la source qui alimente Soavahiny et le dispensaire, au pied de Langela.
Expérience intéressante et grosse motivation des équipes qui rigolent de voir des vazaha se noircir les mains et passer ses journées à 4 pattes dans les collines, …

Histoire de faire plaisir aux gens d’Ambalamatsinjo et faire taire les jalousies naissantes, j’ai installé un captage et une borne fontaine dans ce petit village qui subit de fréquentes attaques et a brûlé plusieurs fois. J’ai mis en place une deuxième borne fontaine au village de Soavahiny et réparé la première qui avait été installée lors de mon déménagement.

Inauguration de la fontaine d’AmbalamatsinjoSJPD a décidé de construire une église dans la vallée et très sincèrement, cela m’emballe très moyennement. Hypocritement, cette asso parle de salle polyvalente et prétend que la salle sera accessible au fokonolona pour y organiser expositions, événements, réunions, etc, …
J’y crois pas une seconde et une salle polyvalente qui a la forme d’une église, un clocher et une cloche, c’est une église. Le clergé n’est pas très prêteur et je serais le premier surpris si cette salle sert, un jour, à autre chose qu’à la prière. De mon point de vue, il y avait d’autres priorités et des actions plus consensuelles à mettre en place.
Et là ou j’ai vraiment craqué c’est quand l’entrepreneur en charge a trafiqué des bois coupés illégalement, et même a fait couper plus de 250 sohihy (un bois précieux) pour faire cuire les briques. Qu’une asso marseillaise, remplie de bonnes intentions, ait pu financer un tel scandale, ca me fait monter la tension, grave. C’est le premier accrochage avec cette association et à l’avenir, je compte bien leur mettre la pression sur ce genre de sujets.

Les gardiens de zébus fréquentent beaucoup Tsarasoa et ont tous notés la qualité de mes pâturages par rapport aux zones qui brûlent chaque année.
La fauche nous permet de réduire le « danga », une herbe sans valeur nutritive et incomestible une fois montée en graine. Les autres espèces reprennent le dessus et les zébus apprécient la différence. L’herbe coupée reste au sol et sa décomposition aide à reconstituer un peu d’humus sur cette latérite délavée.
L’exemple semble porter ses fruits et certains propriétaires limitent sérieusement les brûlis. Malheureusement insuffisant pour un changement rapide mais on commence à sentir une envie d’améliorer son patrimoine.

Un paysage qui commence à changerMon verger prend forme et je récolte mes premiers grains de café, mes premières goyaves rouges, mes premières grenadelles et papayes.
Je pourrais bientôt diffuser le Vétiver sur grande échelle et j’ai ramené prés d’un millier de plants de raphia du nord ouest de l’île ou l’on trouve la variété la plus recherchée pour l’artisanat.
Ma vigne est assez pathétique et je n’ai pas encore la bonne souche qui convienne à ce terroir.
Mes deux oliviers poussent bien et deux plants de lavande ont survécu à un voyage plutôt long et mouvementé.

L’année ne fut pourtant pas très bonne sur le plan des feux de brousse, qui ont connu un regain d’intensité que nous avions oubliés depuis des années.
Est-ce du aux tensions politiques et à l’augmentation du coût de la vie ?
Je n’en sais rien, pour l’instant je constate et regrette de ne pouvoir encore m’installer de manière plus permanente sur le site.
Je reste obligé de travailler à la fois au bureau et sur le terrain pour nourrir ma petite famille. Je ne désespère pas d’arriver à un équilibre professionnel qui me permette de me consacrer plus fermement à ces programmes de reboisement. En fait, je suis prêt à confier toute la boutique à ma fille rentrée de France, et n’attends plus que la possibilité de faire mon travail depuis Tsarasoa pour m’y installer de manière permanente.

Il me faut une connection Internet pour pouvoir continuer à m’occuper de ma vie en dehors de la vallée, mais malheureusement le réseau téléphonique Celtel qui n'est devenu accessible dans la vallée que le 2 janvier 2008. Tout à fait insuffisant pour du télétravail mais toutefois une nette amélioration des conditions de séjour et de travail
Pas encore de connection à la Toile mais je me vois déjà dans un ou deux ans installé à demeure sur Tsarasoa, à surveiller mes équipes de pépiniéristes déchaînés, …

Un grand succès populaireLe Festival version 2007 s’est super bien passé. On a bougé un tas de gars de Tana, on a eu plein d’ateliers, de jeux, de concours, de courses et de prix. Les sponsors ont répondu à nos appels et la moitié du budget nous a été offert par les différents intervenants.
Je suis encore bien loin du compte d’équilibre et cette affaire me coûte chaque année plusieurs millions d’Ariary. Je ne me décourage pas et suis convaincu que je finirais par avoir les fonds nécessaires pour organiser le Festival du Reboisement sans avoir à casser ma tirelire chaque année. D’ailleurs pour cette troisième édition je compte bien arriver à équilibrer le budget et ne pas y remettre d’argent personnel (ou alors, dans des proportions raisonnables).

Je crois que la partie la plus excitante de ce festival fut le concours d’angady mais surtout la course du Caméléon.
Une boucle magnifique mais salement physique que le plus rapide bouvier de la vallée a accompli en à peine 52’. Je peux vous assurer que c’est très, très rapide. Pour tomber sous l’heure, aucun doute, il faut courir dans la montée ! Public et participants ont adoré la course, surtout le jeune garçon (guide et fils de guide Angap) de Morarano qui est reparti avec un zébu, la récompense du vainqueur.

En tout cas, la population ne comprendrait pas qu’il n’y ait pas de troisième édition et considère déjà Wood En Stock comme partie intégrante de la vie sociale et culturelle de la vallée. On s’y prépare et espérons bien faire encore mieux qu’en 2007. je crois qu’on en est au 40éme anniversaire de Woodstock et nostalgie aidant, il va falloir marquer le coup, et les esprits, …

 

Notre rapport d'activité 2010 est disponible en blog !

Suivez l'activité de l'association sur le blog Wood en stock.
Vous comprendrez mieux notre action.

Pour en savoir +

Reportage sur France 5

Découvrez l'action de l'association Wood en stock au travers d'un reportage de France 5 dont une partie est dédiée à notre programme de reboisement dans la vallée de Tsaranoro.

Pour en savoir +

Nos Sponsors

AdelanteNeov



News Ecolo...

Pour cette saison; la barre est placée un peu haute avec 135.000 arbres à planter entiérement financés par nos partenaires. Par prudence et expérience, je fais préparer 180.000 pieds. Ca me laisse une marge de déchet plus que suffisante pour espérer dépasser les 150.000 plants repiqués sur le pourtour du Tsaranoro.