Le trafic des bois précieux dont les bois de rose lors de la fameuse campagne 2009 reflète le chaos de la réglementation forestière qui cache en réalité un ordre supérieur. Cette opinion est relatée dans un ouvrage intitulé « Bois de rose à Madagascar : Entre démocratie et protection de la nature », sorti en mars.
Hery Randriamalala et Zhou Liu sont les auteurs de cet ouvrage qui résume les réalités liées à la campagne du trafic de bois précieux à Madagascar en 2009. Une campagne mettant en cause la classe dirigeante qui n’a fait que conquérir et conserver le pouvoir en favorisant les relations personnelles et le clientélisme. D’ailleurs, le secteur forestier a déjà été pointé du doigt par Mercier en 2006 car l’application de la législation et de la politique forestière et des règlements en vigueur se heurte à la faiblesse institutionnelle et à de sérieux problèmes de gouvernance. D’une façon générale, l’abondance des ressources naturelles favorise la corruption dans les pays où les institutions ont un faible niveau démocratique, à l’exemple de Madagascar.
Le rapport de Global Witness et de l’EIA en 2009 abonde d’exemples de mauvaise gouvernance, d’interventions personnelles et de faits de corruption. Le rapport de l’ouvrage a divulgué celui de la Task force relatant les interventions personnelles d’un ministre en faveur d’opérateurs et qui ont embarrassé les fonctionnaires des Eaux et forêts. Ou encore le cas d’un agent du ministère de l’Environnement , impliqué dans chaque infraction relevée.
Echec du PNAE
En effet, la tentation de tirer un profil personnel est grande. La chaîne de corruption concerne tous les services de l’Etat en charge de la filière bois de rose, du Minenvf à la gendarmerie, la police et la justice sans oublier l’administration publique, les transporteurs, les élus et les communautés villageoises. En fait, la campagne consacre l‘échec de la Vision de Durban et de la ligne écologiste dure, qui veulent chasser l‘homme de la forêt protégée, ainsi que l‘échec local au moins pour les aires protégées du Nord-est malgache et la faillite psychologique du plan national d‘action environnementale.
Pour les deux auteurs, douze propositions ont été recommandées en vue de redresser la situation forestière à Madagascar. Il s’agit, entre autres, d’enlever au gouvernement le pouvoir de réglementer le secteur forestier au gré des circonstances et de fixer par la loi un contingent national et annuel d‘arbres à couper, pour chaque essence. Le seul rôle de l’Etat consiste à définir la politique environnementale. Le rôle des bailleurs de fonds et des ONG internationaux se limite à l‘aide financière inconditionnelle, à la formation, à l‘expertise scientifique, à l‘appui à la mise en œuvre et au contrôle. Tous les services de l’Etat nécessaires aux exportations des bois précieux doivent être regroupés à Antananarivo pour faciliter la lutte contre la corruption…
Noro Niaina
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