L’inscription des forêts humides de l’Atsinanana sur la liste du patrimoine mondial en péril signifie que les caractéristiques mêmes qui ont fait inscrire ce site sur la liste du patrimoine mondial sont menacées et risquent de disparaître.
Pour James MacKinnon, directeur technique pour Madagascar et les îles de l’océan Indien au sein de Conservation international, le danger peut être écarté si le gouvernement prend des mesures immédiates et strictes. Interview.
Les Nouvelles (*) : Est-ce que l’inscription des forêts humides de l’Atsinanana sur la liste du patrimoine mondial en péril vous a surpris ?
James MacKinnon (-) : - Non, pas vraiment parce qu’il y a eu une évaluation du site vers le début d’année. Nous savions que le cas du site serait discuté par le comité du patrimoine mondial lors de la 34è session. En tout cas, je pense que c’est une décision tout à fait correcte au vu de la mauvaise gestion notamment des parcs de Marojejy et de Masoala.
(*) Mais que signifie exactement cette nouvelle décision ?
(-) C’est surtout un appel pour que le gouvernement réagisse contre l’exploitation des bois précieux et mette en place une meilleure gestion. Cependant, Conservation international invite tous les bailleurs de fonds à ne pas suspendre les financements des programmes environnementaux pour ne pas mettre encore plus de pression sur les sites naturels du pays.
(*) Y a-t-il encore de l’espoir pour les deux parcs précités ?
(-) Ces parcs restent quand même très importants pour la protection de la biodiversité. Jusqu’à maintenant, nous n’avons encore perdu aucune espèce et malgré les coupes illicites de bois de rose, il en reste encore de jeunes pousses. Reste à savoir combien de temps encore ces forêts vont pouvoir supporter ces pressions... En tout cas, si aujourd’hui il y a un arrêt total des exploitations de bois de rose, il reste encore de l’espoir. Et je pense que le comité du patrimoine mondial pensait de même quand il a pris sa décision. Sinon, il aurait tout simplement ôté le site de la liste.
(*) Enfin, peut-on sortir de la liste du patrimoine mondial en péril et revenir dans la liste du patrimoine mondial tout court
Oui, c’est possible mais encore une fois, il faut vraiment des mesures radicales pour mettre en place une bonne gestion des sites afin qu’ils reviennent à leur état naturel.
Propos recueillis par Océane
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